l’essentiel
Tandis que les opposants au projet autoroutier de l’A69 exultent, ses défenseurs, eux, crient au “gâchis” et dénoncent une “situation ubuesque” après l’annonce de la suspension du chantier entre Toulouse et Castres.
Pour toutes les personnes qui attendaient l’arrivée prochaine d’une liaison autoroutière entre Castres et Toulouse, la décision du tribunal administratif a fait l’effet d’une bombe.
Pierre-Yves Revol, le président de la Fondation actionnaire des Laboratoires Pierre Fabre craint un “enclavement définitif” de Castres
Rappelant que les Laboratoires Pierre Fabre “sont le premier employeur et le principal investisseur privé du département du Tarn”, Pierre-Yves Revol explique craindre un “enclavement”. “Si l’enclavement de Castres devait devenir définitif, notre politique future d’investissements serait amenée à évoluer pour privilégier des territoires d’accès plus rapide et mieux sécurisé et mieux profilé pour nous permettre d’attirer et de fidéliser nos talents”, confie-t-il.
A lire aussi :
DECRYPTAGE. Autoroute A69 Castres-Toulouse : pourquoi la justice a-t-elle annulé l’arrêté préfectoral autorisant le chantier ?
Il souligne, entre autres, la concurrence de “géants multinationaux” situés dans des grandes métropoles mondiales ou “sur des territoires parfaitement desservis et reliés à de grands centres urbains.” “Ce n’est bien sûr pas le cas du Sud du Tarn. Nous ne nous battons pas à armes égales et cette situation n’est plus tenable”, regrette-t-il.
Jean-Michel Baylet, ancien ministre de l’aménagement du territoire et président du groupe Dépêche du Midi
“Cette décision est proprement scandaleuse. Comment a-t-on pu en arriver là alors que les travaux sont engagés depuis longtemps ? C’est faire fi de toutes les conséquences économiques, tant en matière d’emploi que de réparations ! On parle de 2 milliards d’euros si tout devait être remis en état, et cela, alors même que l’État cherche par tous les moyens à faire des économies sur le dos des Français… C’est aussi une très mauvaise nouvelle pour le désenclavement du sud Tarn et pour les perspectives économiques de la ville de Castres.
La justice administrative ne se grandit pas en prenant de telles décisions. Espérons que l’appel viendra contredire ce jugement inique. Espérons également qu’il n’y ait pas de conséquences sur la réalisation de la LGV entre Toulouse et Bordeaux.”
“Immense peine pour Tarnais du Sud qui ont eu l’espérance d’une vie meilleure”, pour le maire de Lavaur Bernard Carayon
Bernard Carayon, le maire de Lavaur, ancien député du Tarn déplore que la “décision du tribunal administratif donne raison à une poignée de militants ultra-violents d’extrême gauche et tort à l’écrasante majorité des Tarnais, des élus et des entreprises, comme à l’État”. Le Tarnais déplore aussi un “désastre” qui coûterait 2 milliards d’euros alors que nos services publics manquent déjà de tout”. “Je ressens une immense peine pour les Tarnais du Sud qui ont eu l’espérance d’une vie meilleure ; pour les travailleurs, comme les entreprises du Tarn, qui se sont dévoués corps et âme pour ce chantier, proche de son achèvement. Des entreprises sont aujourd’hui gravement menacées, comme la pérennité des financements bancaires”, a-t-il également écrit, parlant de “gâchis humain, social et économique”.
Une décision “incompréhensible” pour le député de la 3e circonscription du Tarn, Jean Terlier
“Comment comprendre cette décision alors que le projet a été déclaré d’intérêt public national et trouve sa légitimité et son financement dans la loi d’orientation des mobilités votée en 2019”, s’interroge Jean Terlier dans un communiqué. “Comment accepter enfin que les juges n’aient pas pris en compte la situation du chantier avec près de 300 millions d’euros de travaux déjà engagés, 45 % des terrassements réalisés, 70 % des ouvrages d’art construits et plus de 1 000 salariés du concessionnaire qui se retrouveront demain sans emploi”, a-t-il poursuivi.
A lire aussi :
REACTIONS. Autoroute A69 suspendue : “victoire historique”, “je reprends goût à la justice”… les opposants au projet exultent
Le député EPR parle de “folie économique et sociale qui coûterait près d’un milliard d’euros aux contribuables”, au sujet de l’arrêt du chantier de l’A69. Demandant à l’État de faire appel de cette décision, il rappelle que “cette autoroute est vitale pour notre territoire, et son désenclavement”. Jean Terlier “continuera à se battre pour sa réalisation”.
“Atterré par cette situation ubuesque !” au conseil départemental du Tarn
“On marche sur la tête !”, a commenté Christophe Ramond, le président du conseil départemental du Tarn, sur X. Rappelant que “plus de 300 millions d’euros ont été investis, que 70 % des ouvrages d’art sont réalisés, et que la fin des travaux est prévue en fin d’année”, il dénonce ironiquement le “sens du timing” de la justice qui “sonne maintenant l’arrêt du chantier”. “Comment imaginer une telle gabegie financière à l’heure où les finances publiques sont dans le rouge ?”, s’interroge Christophe Ramond.
A69 : Atterré par cette situation ubuesque !
Le tribunal administratif de Toulouse ne reconnaît pas la « raison impérative d’intérêt public majeur » pour l’A69.
Plus de 300 millions d’euros ont été investis, 70 % des ouvrages d’art sont réalisés, la fin des travaux est prévue…
— Christophe Ramond (@ramond_christ) February 27, 2025
“Avec les autres collectivités territoriales et les forces vives du territoire, le Département du Tarn viendra en appui de cet appel”, annonce-t-il.
Honteux et inacceptable ! Le tribunal administratif de Toulouse suspend les travaux de l’A69, piétinant des années de concertation et l’intérêt général. Un projet crucial sacrifié sous la pression idéologique. Jusqu’où ira cette déconnexion avec la réalité ?! #A69 #tarn #A69
— Philippe Folliot (@philippefolliot) February 27, 2025
Honteux et inacceptable pour le sénateur du Tarn Philippe Folliot
“Honteux et inacceptable ! Le tribunal administratif de Toulouse suspend les travaux de l’A69, piétinant des années de concertation et l’intérêt général. Un projet crucial sacrifié sous la pression idéologique. Jusqu’où ira cette déconnexion avec la réalité ?”, a fait savoir le sénateur centriste du Tarn, sur X.
L’A69 ? Une “bouée de sauvetage” pour le bassin Castres-Mazamet”, pour le président de la CCI du Tarn Michel Bossi
Michel Bossi, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Tarn (CCI) a également commenté la décision du tribunal administratif de Toulouse. Il dénonce “une décision incompréhensible et dévastatrice”. Pour lui, “l’arrêt de l’A69 sonne le glas de tout projet d’infrastructures de mobilité en France !”