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La célèbre maison Milhau, l’un des fleurons de la charcuterie de Lacaune, qui emploie une centaine de salariés, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Castres.
Cela a forcément eu l’effet d’une petite bombe sur Lacaune même si le monde de la salaisonnerie locale le voyait venir. La célèbre maison Milhau, l’un des fleurons de la charcuterie de Lacaune, qui emploie une centaine de salariés, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Castres.
Cette entreprise familiale bientôt centenaire, gérée depuis 1926 de père en fils, avait jusque-là toujours connu une belle croissance devenant la figure de proue des salaisons de Lacaune. Rachetée en 2019 par le fonds d’investissement FnB détenteur de plusieurs marques agroalimentaires via son groupe Arpitan qui regroupe notamment les salaisons de Savoie Henri-Raffin, elle avait connu, malgré le départ de Pierre Milhau, le dernier “des Milhau” à piloter la maison familiale, un nouvel essor en élargissant sa zone de distribution à tout le Grand sud atteignant un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros en 2021.
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Mais depuis, l’entreprise a dû faire face à des difficultés. Son chiffre d’affaires est en baisse depuis deux ans et son résultat net a basculé dans le rouge en 2022. Ses pertes s’élevaient à plus de 5 millions d’euros en 2023 selon Pappers, le site d’information financière des entreprises françaises.
La faute à une accumulation de plusieurs facteurs que l’entreprise a subie “brutalement” de plein fouet. À commencer par une “explosion” du prix de la matière première. Le prix du porc a en effet doublé depuis 2022. Dans la même période, la société a dû faire face à la forte inflation du coût de l’énergie nécessaire à sa production notamment en termes de réfrigération et de séchage.
“On fera tout pour les aider”
Une hausse des charges que l’entreprise n’a pas pu répercuter à ses clients, notamment la grande distribution avec qui les tarifs sont négociés annuellement et toujours âprement.
L’entreprise espère forcément que cette procédure, qui permet notamment de geler les dettes et d’obtenir des délais de paiement durant une période d’observation avec la nomination d’un administrateur, permettra de rebondir et de repartir sur des bases plus saines pour pérenniser l’activité et les emplois. C’est en tout cas le discours qui aurait été tenu aux salariés avertis de la situation ce vendredi 28 mars alors que l’audience se tenait au tribunal de commerce à huis clos.
“C’est catastrophique pour le territoire”, lâche dépité Franck Martinez le président du syndicat des salaisons de Lacaune qui pense aux salariés et qui “croise les doigts” : “J’espère qu’ils vont se redresser. On fera tout pour les aider.”