l’essentiel
À l’envers la première mi-temps et menée logiquement de deux buts après la première manche jeudi 20 mars chez les Croates, l’équipe de France devra sortir le grand jeu dimanche soir si elle veut se qualifier pour le dernier carré de la compétition début juin.
Ils avaient marché sur l’eau en Italie, ils se sont fait marcher dessus en Croatie.
On avait quitté la France forte tête, mi-novembre, à Milan sur des airs de Dolce Vita. Deux coups de casque signés du Duc Adrien Rabiot pour une première place à la clé chipée au nez et à la barbe italiennes ! En route pour le quart, s’évitant les autres leaders de poule et s’aménageant un “retour-maison”. Le second round à domicile, les protégés de Didier Deschamps – qui n’aura pas arrêté de gesticuler tout l’acte initial durant, pas le style du bonhomme, pourtant –, les Bleus en auront bien besoin dans trois jours dans leur Stade de France.
Tant, en dehors du score qui les place en ballottage défavorable, on les a donc retrouvés errer comme une âme en peine sur la pelouse du stade Poljud de Split. Au moins pendant 45min. En retard dans les duels, pas à distance de leurs adversaires, battus dans le petit-périmètre comme dans les hautes sphères (le 2-0 vient d’un duel aérien perdu par Koundé contre Gvardiol, 45+1 ; et l’ouverture du score, 1-0 26e, d’un marquage élastique sur Perisic de… Koundé). N’en jetez plus !
Alors qu’en amont (7) Mike “Magic” Maignan a retardé l’échéance en repoussant son 3e penalty (sur 6) en équipe de France. Waouh.
Bref, dans une première mi-temps traversée comme des fantômes, les Tricolores auront été aux abois derrière (Konaté fautif sur le péno et relayé à la reprise par Upamecano, festival de transmissions manquées pour Saliba), pas assez agressifs dans l’entrejeu (Tchouaméni mal positionné, Guendouzi qui court dans le vide) et trop timorés devant, telles l’attestent les deux tentatives d’un Mbappé de retour, rappelons-le : tir du droit écrasé (4), frappe du gauche déviée (16).
Et le duo des cracks, alors ?
Mbappé-Dembélé, nous attendions beaucoup de la connexion entre certainement les deux attaquants les plus en forme du moment. Il faudra également attendre la seconde période pour en goûter – encore, du bout des lèvres. Service dans les 16m50 du Madrilène pour le Parisien qui ne cadre pas (59). On remet ça mais on inverse les rôles 20 minutes plus tard (oui, ça fait un peu loin quand même) avec un vrai débordement de Dembélé pour un centre en retrait à destination de Mbappé dont la reprise, quelque peu “taupée”, est sortie miraculeusement par une manchette main opposée d’un Livakovic en feu (80).
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À part ça ? Pas grand-chose à se mettre sous les crampons pour des Bleus qui payeront tout simplement le fait d’avoir attendu le retour des vestiaires pour jouer. En foot, ça ne pardonne jamais – ou, à tout le moins, très rarement.
À 2-0, les Croates se sont contentés de défendre leur acquis, pas illogiquement gagné. Avec une science de la défense qu’on leur connaît, une technique qui leur facilite naturellement la tâche et le grain de chance qui accompagne ceux qui la provoquent (Barcola un poil trop court, 72).
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Résultat des courses et des comptes : si elle veut s’offrir un nouveau “Final Four” après celui de 2021 ayant abouti à la levée du trophée, la France devra refaire un “Ukraine-2013”, barrage retour pour le Mondial-2014 où, matée 2-0 à Kiev, elle avait renversé la table 3-0 à Saint-Denis.
Une qualification, deux options
Selon l’issue de ce quart de finale, deux alternatives se présentent pour les Bleus :
> En effet, si les Français réussissent à passer dimanche soir dans l’enceinte dyonisienne, ils rallieraient soit l’Italie soit l’Allemagne (en clair, le vainqueur de leur confrontation : 2 à 1 pour la Mannschaft à San Siro jeudi), du 4 au 8 juin, pour un “Final Four” où les hommes de Deschamps seraient opposés au sortant du duel Pays-Bas – Espagne (2-2 jeudi soir).
> En cas d’élimination, par contre, l’équipe de France se retrouverait le 6 juin, cette fois, pour débuter sa campagne de qualification en vue du prochain Mondial-2026. Dans un groupe de 5 nations. Et ce serait un déplacement à Gibraltar qui inaugurait le parcours des Français suivi de la réception de la République Tchèque en date du 9 juin.

INFOGRAPHIE – DSAS