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PORTRAIT. “Je ne pensais pas vendre autant” : à seulement 23 ans, il lance sa propre production de légumes et fait un carton

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Posted 2 days ago by inuno.ai

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l’essentiel
À Gayan, dans les Hautes-Pyrénées, Gaetan Capber a monté sa propre exploitation agricole en 2024, alors qu’il n’avait que 23 ans. Lors de sa première vente en direct, toutes ses pommes de terre et ses oignons se sont écoulés en deux heures. L’aboutissement d’un parcours semé d’embûches.

À 4 mois, il montait pour la première fois sur un tracteur et depuis, sa trajectoire n’a plus jamais dévié. À Gayan, Gaetan Capber a lancé sa propre ferme à seulement 23 ans. “Je me souviens qu’à 11 ans, déjà, j’étais à l’arrière du tracteur conduit par mon parrain. En rentrant de l’école, j’étais pendu au grillage du voisin, un paysan qui cultivait des céréales”, raconte le jeune gayannais.

Dans sa famille, on ne comprend pas très bien d’où lui vient cette vocation de la terre : ses arrière-grands-parents étaient bien agriculteurs mais Gaetan ne les a jamais connus. Seul un cousin éloigné, à Gardères, cultive encore ses terres. “Depuis mes grands-parents, personne l’avait repris le flambeau à part Gaetan. Il devait l’avoir dans les gênes”, sourit Sylvie, sa mère.

Après sa scolarité dans l’école du village, il intègre le lycée agricole de Vic-en-Bigorre et réalise un stage dans une conserverie. Mais la ferme lui manque. Puis, il s’inscrit en BTS, près de Pau, et réalise son apprentissage chez un producteur de maïs et de soja. Mais le Gayannais déchante : la classe est surchargée, l’internat bruyant, les cours ne lui plaisent pas beaucoup. La ferme lui manque encore. Gaetan rate son diplôme de 0,04 point. Qu’à cela ne tienne. Il rejoint le producteur à plein temps. Une idée commence alors à germer : le petit paysan se verrait bien à la tête de sa propre exploitation.

L’année dernière, lors de la récolte, à Gayan.
L’année dernière, lors de la récolte, à Gayan.
Reproduction autorisée pour DDM

En 2023, il récupère des terres en fermage autour de chez ses parents. Il plante des pommes de terre, des oignons rouges, des oignons de Trébons, des concombres, des courgettes et des tomates. Un an après, il est prêt et commence la vente. Il monte sa propre affaire, la Légumaira (légumes en occitan).

En juillet, il déplie une table dans le jardin de ses parents, dispose des cagettes de pommes de terre et d’oignons, une balance et une caisse. Son stand improvisé est pris d’assaut : en deux heures, 20 kg d’oignons et 150 kg de pommes de terre s’arrachent. Gaetan et ses parents ne sont plus assez pour faire face. Le parrain, la tante, la grand-mère et des voisins sont appelés à la rescousse pour ramasser davantage. “Je ne pensais pas vendre autant”, relève-t-il, encore incrédule.

Victime de son succès, il double les quantités

Pendant tout l’été, il vend deux fois par semaine, le mercredi de 17h30 et le samedi de 10h30 à 12h30. Pourtant, Gaetan, 24 ans aujourd’hui, aurait pu baisser les bras plus d’une fois. Notamment quand, en avril 2024, la grêle abîme les premiers oignons qu’il vient de planter. Le même printemps, certaines de ses pommes de terre sont pourries à cause de la pluie et des tomates envahies par les punaises. “L’agriculture c’est comme jouer à la loterie, tu sais ce que tu plantes, tu ne sais jamais ce que tu vas ramasser”, glisse-t-il.

Cette année, le jeune producteur a doublé les quantités. Il a semé 125 kg de plants de pommes de terre contre 75 l’année dernière, 250 pieds de tomates contre une centaine l’année d’avant. Il compte aussi se lancer dans les légumes d’hiver, potimarrons, citrouilles et poireaux. À côté, le Gayannais cultive de la paille et du foin. La colline aux marmottes lui a d’ailleurs passé une commande de 200 bottes de paille. En attendant de ne pouvoir vivre que de son activité, il continue la saison chez le producteur de maïs et assure les remplacements, pendant l’hiver, à la chambre d’agriculture. L’argent gagné a déjà été investi dans de la réparation de matériel.

Car là encore, l’agriculteur est débrouillard : “Ici, c’est simple, rien n’arrive en état de fonctionnement”. Il répare tout comme cette planteuse récupérée à Bergerac. Lundi après-midi, quand il nous reçoit, en casquette et tee-shirt des jeunes agriculteurs, il vient de rafistoler une binette qui avait cédé sous la terre. Cet été, il reprendra la vente directe avec un point de livraison supplémentaire pour les commandes à la sortie de l’école, à Lagarde. Avec ses cageots de légumes, Gaetan risque encore de faire carton plein.

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