l’essentiel
En cas de “blocage” des négociations sur les retraites, “le référendum” pourrait être “une issue”. C’est ce qu’a estimé jeudi 27 février, François Bayrou dans un entretien au Figaro. Une telle consultation peut-elle vraiment avoir lieu ?
Le “conclave” sur les retraites qui s’est ouvert jeudi pour reprendre les discussions avec les partenaires sociaux pourrait tourner court. Invitée de franceinfo, la négociatrice en charge des retraites à la CFE-CGC, Christelle Thieffinne, accuse le Premier ministre “de changer les règles du jeu”.
Dans un entretien accordé au Figaro, François Bayrou a agité l’idée de mettre en place un “référendum” en cas de “blocage” des négociations alors que les discussions autour de la réforme des retraites de 2023, ont été qualifiées de “mascarade” par le syndicat FO.
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“On ne change pas les règles !”
La pilule est amère pour les syndicats, alors que les pourparlers autour des retraites sont attendus de longue date. “Quand on joue un match, l’arbitre ne change pas les règles du jeu en cours”, s’est énervée Christelle Thieffinne. Avant de poursuivre : “Le gouvernement nous dit que nous avons carte blanche. Puis, nous n’avons même pas commencé et le Premier ministre vient introduire de nouvelles règles du jeu.” La syndicaliste estime l’exécutif empêche la bonne tenue des négociations et place “des obstacles au fur et à mesure”. “Si on baisse les bras, il ne faudra pas qu’il s’étonne”, fustige-t-elle.
Le référendum en cas de “blocage” ?
Au premier jour des concertations entre les partenaires sociaux sur la réforme des retraites de 2023, le syndicat Force ouvrière a claqué la porte avant même que la réunion ne commence. Signe, s’il en fallait encore un, du profond désaccord entre syndicats des employés et patronat. Après ce geste, le Premier ministre a réaffirmé que “si personne ne se met d’accord […] on en restera au système antérieur, défini en 2023”.
Mais il n’exclut pas de recourir au référendum “si nous étions un jour en situation de blocage”. “J’ai toujours dit que lorsque des questions sont bloquées, lorsqu’il n’y a pas de résolution possible, le référendum est une issue”. Mais est-ce qu’une consultation citoyenne sur ce sujet hautement sensible pourrait vraiment se tenir ? Pas si sûr.
L’échec de la Convention citoyenne sur le climat
Car si l’idée est séduisante, elle est loin d’être facile à appliquer. Rappelez-vous la CCC, la Convention citoyenne sur le climat. En octobre 2019, sur proposition d’Emmanuel Macron, 150 citoyens tirés au sort entament une série de neuf réunions. L’objectif : définir des mesures phares “pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à diminuer d’ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre de la France d’au moins 40 % par rapport à 1990”. À l’époque, le chef de l’État évoque trois pistes pour les appliquer parmi lesquels, un référendum.
Des discussions, ressortent une série de 149 propositions. Toutefois, la majorité des mesures proposées sont reprises seulement en partie. Et surtout, aucun référendum n’est finalement mis en œuvre.
Alors, s’agit-t-il d’une réelle volonté ou juste d’une “nouvelle annonce pour gagner du temps”, comme l’estime le député Insoumis Eric Coquerel auprès de BFMTV ? Ce dernier y voit en effet, une manœuvre du Premier ministre pour éviter la censure.